« Je vous emmène », promet Christophe Mali, dix ans de scène derrière la cravate, un romantisme intègre, du bonheur en réserve. Il nous entraîne en solo, revenu au piano, après avoir depuis 1995, mené en quartet l’aventure Tryo. En octobre 2004, Mali raccroche provisoirement sa guitare pour reprendre le cours de ses envies. Ainsi, lui qui cultive l’art du refrain, nous emmène vers ses amours chansonnières. Il croise Edith Fambuena, guitariste, chanteuse au sein des ex-Valentins, duo proche d’Etienne Daho et de Bashung, elle qui est devenue en quelques albums (Guidoni, Pauline Croze) l’une des productrices musicales les plus originales du pays. Christophe Mali, ses chansons, leur univers, lui plaisent, elle les habillera. N’étant pas sujette aux effets de mode, elle introduit des cordes sans chichi, de la bossa drum n’bass, de l’électronique (Jeune Homme). La section rythmique est impeccable, ça jazz, ça invente (Sans amour). Les cuivres sont empruntés à Tryo. Dans ses chansons, Christophe Mali raconte des histoires – la belle évaporée, le curé dévergondé, une Lili farouche, un premier amour inéluctable, avec début, suite et fin, un peu des fables, et cela penche vers Thomas Fersen. « Je me sens son héritier, dit Christophe, énergie libre, regard clair, battant. Et puis derrière Fersen, il y a Jacques Higelin, qui a suivi la fabrication de cet album d’un œil attentif » et dont l’influence se lit entre les lignes musicales (Laissez-moi, Le premier amour, Le curé de ma chapelle). Et que promet Christophe Mali pour l’an 2006 ? «Cette fois je défendrai mon disque seul au piano». Avec refrains et couplets.